En Belgique, on estime que plus de 200 000 personnes souffrent d'une forme de démence, dont la maladie d'Alzheimer représente 60 à 70 % des cas. Une grande partie de ces personnes résident en maison de repos et de soins (MRS). Leur prise en charge requiert une expertise spécifique et des aménagements environnementaux particuliers.

Les unités de vie sécurisées

De nombreuses MRS disposent d'une unité spécialisée pour les personnes désorientées, parfois appelée « unité protégée » ou « unité Alzheimer ». Ces espaces sont sécurisés — portes à code, jardins clos — pour éviter les fugues, fréquentes chez les personnes atteintes de démence. L'équipe y est formée à la communication non verbale et aux approches non médicamenteuses.

Les approches thérapeutiques non médicamenteuses

  • La méthode Snoezelen : stimulation multisensorielle dans un environnement calme et apaisant.
  • La musicothérapie : la mémoire musicale est souvent préservée longtemps dans la maladie d'Alzheimer.
  • La réminiscence : utilisation de photographies et d'objets anciens pour maintenir un lien avec l'identité passée.
  • La thérapie par l'animal (pet therapy) : des visites d'animaux thérapeutiques sont proposées dans certains établissements.
  • L'ergothérapie : maintien des capacités fonctionnelles résiduelles par des activités adaptées.

Le rôle de la famille

Les proches sont des partenaires de soin irremplaçables. Leur présence régulière et leur connaissance des habitudes du résident permettent à l'équipe de personnaliser l'accompagnement. Face aux comportements déroutants liés à la démence, les familles ont elles-mêmes besoin d'un soutien psychologique.

La maladie d'Alzheimer efface les souvenirs, mais la personne reste. C'est à nous de continuer à la rencontrer là où elle est.Dr. Muriel Leclercq, gériatre